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Pourquoi tous les carbones ne se conservent-ils pas de la même façon dans les sédiments côtiers ?

Les prés salés sont reconnus pour leur capacité à accumuler du carbone organique dans leurs sédiments. Mais une fois enfouie, cette matière organique n'est pas forcément conservée durablement: elle peut être progressivement dégradée par les microorganismes. La vitesse de cette dégradation dépend notamment de son origine et de sa composition moléculaire, deux paramètres encore difficiles à caractériser.

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Dans le cadre des projets CarboNium et CABESTAN, les chercheurs ont étudié un système côtier constitué d'une vasière intertidale et d'un pré salé adjacents dans la baie de l'Aiguillon. Ces deux habitats, soumis aux mêmes conditions de marée, de houle et d'alimentation sédimentaire, constituent un laboratoire naturel idéal pour comprendre comment la nature de la matière organique influence sa préservation dans les sédiments. Pour cela, l'équipe a combiné plusieurs approches complémentaires (analyses isotopiques, élémentaires et moléculaires) afin de retracer les sources de la matière organique et son évolution avec la profondeur.

Les résultats montrent que la composition de la matière organique contrôle directement son devenir. Dans les vasières, la matière organique est principalement d'origine marine et microbienne. Plus fraîche et plus facilement biodégradable, elle se décompose environn trois fois plus rapidement que dans les prés salés. À l'inverse, les prés salés conservent une proportion plus importante de matière organique issue des tissus végétaux, notamment de composés ligneux plus résistants à la dégradation.

Cette différence est d'autant plus remarquable que les deux habitats présentent des vitesses d'accumulation sédimentaire comparables. Autrement dit, ce n'est pas uniquement la quantité de sédiments enfouis qui explique la préservation du carbone, mais aussi la qualité de la matière organique qui y est incorporée.

L'étude montre également que l'essentiel de la dégradation se produit dans les premiers centimètres des sédiments. Au-delà d'environ 5 cm dans le pré salé et 10cm dans la vasière, les transformations deviennent beaucoup plus limitées, marquant une transition vers une conservation à long terme du carbone.

Ces travaux soulignent qu'évaluer la capacité des écosystèmes côtiers à conserver durablement le carbone ne consiste pas seulement à mesurer les stocks accumulés. Il est également indispensable de comprendre la nature de la matière organique enfouie et les mécanismes qui contrôlent sa dégradation.

Benjamin Amann

A propos du premier autour de l'article scientifique : Benjamin Amann 

Benjamin fait parti du projet CABESTAN

Il est Post-doctorant et travail sur l'évolution sédimentaire des marais littoraux et la séquestration du carbone 

Mes activités de recherche visent à mieux comprendre le fonctionnement et l’évolution morpho-sédimentaire des zones humides littorales en réponse à l’aléa de submersion marine, et leur importance dans le cycle du carbone à long-terme. L’objectif est de mieux comprendre comment les facteurs environnementaux et la diversité des usages influencent l’accumulation de sédiments et de carbone organique dans les zones humides littorales. 

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